Terrasse sur pilotis ou soutènement ?

Comment aménager une terrasse sur un terrain en pente ?


La terrasse est un lieu de détente indispensable à tout jardin, c’est le cœur estival de la maison ! Mais qu’en est-il lorsque l’on veut aménager un terrain en pente ? Comment travailler le relief ? Un défi qui peut s’avérer difficile à relever.

Le calcul de la pente 

Le calcul du pourcentage de la pente du terrain permet de connaître le type de pente : pente douce, modérée ou forte.

Connaître l’inclinaison de la pente est indispensable pour établir un plan de construction adapté aux contraintes du terrain. Le calcul de la pente est exprimé en pourcentage et s’obtient en appliquant la formule suivante :

Pente (%) = Dénivelé (m) / Longueur parcourue (m)

Dénivelé = Hauteur totale entre le point d’arrivée et le point de départ.

Exemple : une pente de 8 % équivaut à un dénivelé de 8 mètres sur 100 mètres.

La pente d’accès à la construction doit répondre aux exigences du PLU (Plan Local d’Urbanisme). Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) définit l’orientation prise par la commune dans le cadre de son développement à court, moyen et long terme. C’est le principal document de planification de l’urbanisme.

https://permis-de-construire.ooreka.fr/astuce/voir/565075/plan-local-d-urbanisme-plu

Permis de construire

Lorsque l’on veut construire une terrasse pour profiter de l’extérieur de sa maison, il peut être nécessaire de déposer une demande d’autorisation d’urbanisme auprès de la mairie ou de la DDE afin de valider le projet de construction. Permis de construire ou déclaration préalable, voire aucune demande particulière, il convient de bien définir son projet pour savoir ce qu’il faut faire précisément.

En premier lieu, il faudra  définir le type de terrasse prévue. En effet, la surface de la terrasse ne sera pas comptabilisée de la même manière et les démarches administratives à effectuer ne seront pas les mêmes selon que l’on construit sur terre-plein ou en étage par exemple.

Une terrasse est en principe considérée comme une construction neuve et à ce titre répond aux mêmes règles que les autres constructions. Elle doit notamment respecter la réglementation d’urbanisme locale (PLU ou POS) qui peut indiquer une emprise maximum, un type de matériaux ou des contraintes aux limites de propriété.

Dans tous les cas, c’est l‘emprise au sol qui conditionne le besoin de déposer un permis de construire ou une déclaration préalable ou de n’avoir aucune démarche à effectuer. Cette surface étant donc à considérer selon le type de terrasse que l’on décide de construire et les constructions associées.

Bien-sûr, avant de décider de construire une terrasse, il est préférable de se renseigner auprès des services de l’urbanisme pour vérifier qu’il n’existe pas une réglementation spécifique à la commune. Enfin, ne pas oublier que la construction d’une terrasse peut avoir des incidences sur les vues directes entre deux propriétés, ces vues étant très précisément réglementées par le Code Civil. Il faut alors vérifier que l’ajout de la terrasse ne viendra pas poser de problèmes particuliers de ce côté-là. C’est le cas, par exemple, pour une construction en limite de propriété ou lorsque l’on rend une toiture-terrasse accessible. Cela peut engendrer des vues directes et nécessiter de respecter certaines distances.

Les autorisations à obtenir en fonction des superficies et hauteurs sont définies dans le code de la construction et de l’habitation. Jusqu’à 9m2, on considère qu’il s’agit d’un balcon et non d’une terrasse. Au-delà de cette limite, il s’agit bien d’une terrasse, à usage privatif, espace extérieur aménagé pour la vie, tout comme une cour ou un jardin.

Faut-il déposer un permis de construire, une déclaration préalable ou rien du tout ?

Concernant une terrasse attenante à une maison :

Selon le code de l’urbanisme, il y a 3 cas possibles en fonction des caractéristiques de votre terrasse :

  • absence de formalité : si la hauteur de la terrasse ne dépasse pas 60 cm et si sa superficie est inférieure à 20 m², vous serez dispensés de demande de permis de construire.
  • déclaration préalable de travaux : pour les terrasses surélevées (plus de 60cm de hauteur) à condition que la superficie de la terrasse soit inférieure à 20 m².
  • permis de construire obligatoire : si la terrasse est en hauteur (plus de 0,60 m) et fait plus de 20 m².

Concernant une terrasse balcon : un permis de construire est obligatoire pour construire un balcon et ce quelle que soit la superficie.

En ce qui concerne une toiture terrasse, vous devez obtenir 2 autorisations : un permis de construire de votre mairie et une autorisation de votre collectivité.

 

Terrasse sur pilotis ou mur de soutènement ?


La terrasse sur pilotis


Sur des terrains à forte déclivité, les structures sur pilotis s’imposent comme la solution idéale. En faisant abstraction totale de la morphologie du site, ces terrasses « sur pied » viennent se poser sur le sol sans perturber la végétation en présence. Extrêmement modulable, cette solution s’adapte à n’importe quelle configuration d’espace. À noter cependant que pour une terrasse de plus de 20 m² et haute de plus de 60 cm, un permis de construire est indispensable.

La terrasse sur pilotis apporte un cachet certain à votre maison. Elle préserve les lignes et l’esprit originel de la construction. Véritable belvédère, elle apporte à ses habitants un nouvel espace, un confort d’utilisation des abords immédiats de la maison.

La terrasse sur pilotis est l’application la plus spectaculaire des terrasses en bois. C’est aussi la plus technique et la plus difficile à mettre en œuvre. Les risques encourus en cas de défauts ne sont pas négligeables : effondrement, distorsion de matériaux …. C’est pourquoi nous déconseillons l’autoconstruction. Prévoyez donc un budget et un chantier plus conséquents.

Et pour la sécurité des enfants et la vôtre, prévoyez un garde-corps sur tout le pourtour de la terrasse.

 
Plusieurs raisons peuvent vous entraîner à envisager la pose d’une terrasse en bois à pilotis contre votre façade. Si votre terrain est en pente ou a un problème de dénivelé, une terrasse suspendue sur pilotis est une bonne solution. En plus d’être esthétique, les terrasses sur pilotis ont de nombreux atouts.

Description d’une terrasse sur pilotis

Une terrasse sur pilotis est, comme son nom l’indique, une terrasse en bois reposant sur des poutres porteuses ancrées au sol d’une part et un système de solives sur un mur porteur d’autre part. Il y a au minimum deux poutres porteuses qui soutiennent cette construction. Une terrasse peut s’élever jusqu’à 5m au-dessus du sol, mais le plus souvent, elle est reliée au premier étage, à environ 3m de hauteur.

Dans la mesure où elle est suspendue, la terrasse sur pilotis n’a le plus souvent qu’un accès par l’intérieur de la maison. Cependant, bien que ça représente une complication, la conception d’une terrasse sur pilotis peut être pensée avec un escalier pour pouvoir accéder facilement au jardin.

Quant à la superficie d’une terrasse en bois sur pilotis, chacun peut choisir en fonction de ses souhaits, mais c’est une question qui a son importance. Elle peut être toute petite ou au contraire, faire plus de 30m2. Plus la terrasse suspendue est étendue plus il faudra ajouter de poteaux porteurs, car deux ne suffiront pas. Cela demande quelques compétences en résistance des matériaux pour savoir où poser alors les poteaux supplémentaires, et bien sûr, une surface au sol stable et disponible.

Une terrasse en bois sur pilotis nécessite donc des compétences en construction car la structure porteuse doit être adaptée au terrain, à la surface et au poids de la terrasse en bois.

Les avantages d’une terrasse sur pilotis

Un terrain en dénivelé est souvent difficile à aménager. Or, les pilotis de la terrasse répondent aux problématiques de chacun, puisqu’ils sont généralement produits sur-mesure. Ainsi, vous construisez une terrasse suspendue sur-mesure.

Un terrain humide est une source de désagréments pour en profiter, le matériel de jardin a tendance à pourrir, s’y reposer ou laisser les enfants y jouer n’est pas toujours séduisant si le risque de boue est permanent. Étant donné que les planches qui la composent ne sont pas en contact avec le sol, la terrasse sur pilotis s’affranchit de l’humidité. Les lames de bois des terrasses sur pilotis ne souffriront pas des contraintes du sol, outre le scellement de la structure au sol.

Dans le cas d’un petit jardin où vous avez du mal à délimiter des espaces pour le loisir, pour le jardinage, ou encore pour garer votre véhicule, l’installation d’une terrasse en hauteur, reliée au premier étage de la maison, représente un gain de place de plusieurs mètres carrés.

 


Terrasse par mur de soutènement


Un terrain en pente, c’est aussi l’occasion rêvée pour aménager un espace extérieur douillet et sans vis-à-vis. En décaissant totalement et en venant créer un mur de renfort ou de soutènement, le relief du terrain se transforme en un véritable atout. Le mur de soutènement permet un gain en surface non négligeable et la variété de matériaux à disposition lui permet de s’intégrer parfaitement à tout type d’architecture.

À noter que pour les travaux de terrassement, il est préférable de faire appel à un professionnel si la surface de votre terrasse dépasse 20 m². Il faudra prendre en compte dans votre budget un tarif d’environ 50 euros/m³ de terre/gravats à retirer. Si vous souhaitez tout de même poser seul ce type de mur, il est recommandé de passer par un bureau d’études pour effectuer les calculs nécessaires.

Si le principe des murs de soutènement paraît simple de prime abord, il est très difficile à appliquer. En réalité, il ne suffit pas de placer un mur face à la masse à supporter pour espérer construire un mur de soutènement efficace. Il faut en réalité mener des calculs précis, en particulier si le mur de soutènement est haut (à partir de 1 mètres de hauteur), sans quoi votre mur risque de ne pas supporter les charge immédiatement ou à court terme. Il est en effet indispensable d’être en mesure de calculer la poussée exercée sur le mur au m2, de manière à le rendre suffisamment solide pour y résister.

On notera par ailleurs que tous les terrains ne se prêtent pas à ce type de construction : l’argile, la vase ou encore tous les terrains instables ne peuvent accueillir la fondation d’un mur de soutènement.

Les éléments indispensables à étudier au moment de dresser un mur de soutènement :

  • La poussée de la matière : il est indispensable de connaître précisément la pression exercée sur le mur,
  • Le drainage du mur de soutènement : il faut également prendre en compte le poids des eaux en cas de pluie. En effet, la poussée des eaux peut être trois fois supérieure à celle des terres. Il est donc indispensable de drainer l’eau, c’est à dire de lui permettre d’être évacuée pour ne pas qu’elle brise le mur.
  • La nature du sol : un mur de soutènement ne peut être porté par n’importe quel sol. Il faut en effet placer un sol drainant ou s’assurer que le sol local l’est.

Les différentes techniques de murs de soutènement

Il existe deux techniques pour le mur de soutènement, avec chacun leurs avantages et leurs inconvénients : Voir notre article sur les murs de soutènement

  • Le mur de soutènement auto-stable : conçu en béton armé ou en parpaing, le mur auto-stable a l’avantage d’être relativement léger et discret. Il s’agit en réalité d’une structure en forme de « t », dont la partie la plus longue est enterrée. Les terres à soutenir vont porter sur cette partie, et donc rendre la structure plus solide. S’il est souvent plus économe en matériau, ce type de mur de soutènement est aussi plus délicat à poser, car il risque de se briser s’il n’est pas parfaitement conçu.
  • Le mur de soutènement poids : le mur poids est bien moins complexe, puisqu’il se contente uniquement de résister grâce à sa masse. On utilise souvent pour cela un mur de soutènement en pierre, très épais. Moins exigeant techniquement que le mur auto-stable, le mur poids nécessite beaucoup plus de matériaux, et est donc souvent plus coûteux.

Les matériaux les plus courants

Plusieurs solutions s’offrent à vous en termes de choix techniques et de matériaux (voir notre offre de contenu sur l’aménagement de talus) :

L’enrochement ou le muret en pierre :

Ce procédé vous permet de choisir différents types de roches qui donneront selon le style de la maison et vos gouts une ambiance naturellement rocailleuse ou plus nette avec des alignements de larges blocs régulièrement taillés. L’enrochement est une solution plus naturelle et économique pour retenir la terre.


Les gabions :

Le gabion est une solution simple puisqu’il s’agit d’une cage métallique dans laquelle des petits rochers ou des galets sont placés. La couleur dépend de celle des rochers choisis, ce qui laisse au propriétaire la possibilité de personnaliser sa décoration. Il est aussi possible d’installer du bois à l’intérieur des cages, mais compte tenu du fait que le gabion doit peser lourd pour retenir la terre, il vaut mieux opter pour la pierre. Les cages peuvent être superposées jusqu’à obtenir la hauteur désirée. Il faut se renseigner auprès du fournisseur de gabions sur la meilleure manière de les installer.

 

 

 

 

 

 

 


Les murs bois :

Cette technique se développe de plus en plus. Les caissons bois permettent de créer des retenues avec d’élégantes courbes, alors que des systèmes de traverses bois seront plus appropriés pour créer un muret rectiligne. Le bois est un matériau noble et chaleureux adapté à de nombreuses situations.