Les types de paillage à mettre au pied de vos plantations

     La terre nue est un état anormal dans la nature. Pour ne pas laisser le sol à nu, le jardinier à recours au paillage, mulch ou mulching. Le paillage est une technique qui consiste à recouvrir le sol de matériaux organiques, minéraux ou plastiques pour le nourrir et/ou le protéger. Ces matériaux sont déposés au pied des plantes dans les massifs.

Les avantages du paillage sont nombreux : il nourrit le sol, garde la fraîcheur de la terre, réduit les arrosages, diminue le développement des mauvaises herbes…

La mise en place du paillage au potager se fait après vos plantations au début de l’été. Il doit se dégrader rapidement pour ne pas occuper le terrain après les récoltes et enrichir le sol.

Au jardin d’agrément, vous avez avantage à le faire en automne, car il joue le rôle de tampon thermique.

ATTENTION, plusieurs plantes de vos jardins détestent l’humidité excessive l’hiver, alors évitez de les pailler ou si vous les avez paillés pour l’été, écartez le paillage l’hiver. Il est indispensable que le sol soit préalablement travaillé. Il ne faut jamais mettre de paillis sur une terre tassée. Il est préférable de faire ce travail après une période pluvieuse ou un bon arrosage. Avant d’installer votre paillis, débarrassez le sol des herbes vivaces, les herbes annuelles ne franchissent pas le paillis si il est de bonne épaisseur.


Quels matériaux utiliser en paillages ?


Les paillis organiques

Composés d’éléments végétaux, leur dégradation en humus est plus ou moins rapide. Celle-ci dépend de la concentration en lignine. Par exemple, on peut compter quelques semaines pour des tontes de gazon, et quelques années pour des copeaux de bois.

Les paillis à longue durée de vie comme les copeaux de bois, les écorces de pin et les tailles de haies d’arbres et d’arbustes sont à utiliser principalement pour les plantes pérennes (arbres, arbustes, massifs de vivaces).

Les paillis à durée de vie plus courte comme les tontes de gazon, les feuilles mortes, les pailles de céréales, etc., sont utilisables sur tout type de végétaux. Ils sont très intéressants pour les plantes avec un cycle de vie court car ils s’incorporent rapidement dans la terre.

Le bois raméal fragmenté ou BRF

Le bois raméal fragmenté ou BRF est issu du broyage de jeunes rameaux provenant de la taille de haies ou d’élagages. La matière issue de ce broyat est très intéressante.

En effet, c’est une source de matière organique. Il est possible d’apporter toute sorte de matière organiques pour nourrir le sol, mais le BRF a une particularité que n’ont pas les autres matière utilisées classiquement. Constitué majoritairement de bois et donc de lignine, le BRF contribue en profondeur à la structuration et à l’amélioration du sol.

Dégradé par des bactéries et surtout des champignons, ceux-ci participent de manière prépondérante à la fertilité du sol par la création de l’humus. Le BRF permet donc la production d’humus comme on peut le trouver dans les forêts, il permet de lutter contre l’érosion et la dégradation des sols tout en augmentant les rendements des cultures. Avec le BRF l’augmentation du taux d’humus est de 1% en 10 ans. Pour atteindre ce taux, il faudrait 50 ans avec du compost et 80 ans avec du fumier ou du lisier.

Il est également facile de constituer un paillage original et naturel en conservant vos coques de noix, noisettes et tous les fruits à coques en général.

Les paillis minéraux

Ces paillages ne sont pas biodégradables et possèdent donc une durée de vie infinie à notre échelle. Ils contribuent au réchauffement du sol et sont particulièrement conseillés pour les plantes qui aiment la chaleur, comme les plantes de rocailles.

Un des paillis couramment employé est la Pouzzolane (ci-contre) : roche constituée de projections volcaniques riches en silice. Elle possède une structure alvéolaire et constitue un bon isolant thermique.

Les billes d’argiles, ardoises concassées ou débris de poteries, sont également utilisés. Ils peuvent devenir de réels éléments de décoration dans votre jardin. Comme pour les paillis organiques, vous pouvez conserver certains déchets de votre alimentation comme les coquilles d’huîtres ou de moules, effet maritime garanti.

Toiles, feutres et film de paillage

Toile végétale tissée, feutre et film plastique ou bâche polypropylène peuvent également être envisagés. Ils ont l’avantage de couvrir de vastes surfaces, ils sont plus ou moins biodégradables mais restent les moins esthétiques. Il est beaucoup plus facile de les mettre en place avant la plantation, ils sont donc à éviter pour les massifs déjà installés.

En revanche, au potager, ou pour protéger le pied des jeunes arbres et arbustes, ils peuvent s’avérer intéressants. Les toiles tissées, en jute, coco ou autres matières textiles, ont aussi comme utilité de retenir efficacement la terre des talus pentus ou les berges d’un plan d’eau.

Toile végétale tissée : coco, coton, lin, jute…

Biodégradables et naturels, ils permettent une bonne infiltration l’eau mais sont assez coûteux.

Plus écologiques que le film plastique, les toiles en fibres de coco ou de jute sont totalement biodégradables, et ce en trois ou quatre ans.

Les premières sont en effet confectionnées à partir de l’enveloppe qui entoure les noix de coco. Le jute est une plante herbacée de la famille des Malvacées, appelée aussi chanvre de Calcutta. Ces deux matières sont 100 % naturelles. Ce sont des paillages qui existent en grand format, pour des surfaces importantes, ou en dalles, pour entourer de jeunes arbustes. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils laissent pénétrer l’eau, ainsi que l’air. Par leur occupation du sol, les toiles en fibre de coco ou de jute contribuent à limiter la présence des mauvaises herbes : ces dernières ne peuvent pas pousser, faute de lumière.

Film plastique

Le film plastique est économique et durable, il permet au sol de se réchauffer plus rapidement au printemps : voilà pour les atouts.

Utiliser en grande culture, ce type de paillage est plutôt à déconseiller au jardin : non biodégradable, peu écologique, inesthétique, il nuit à la vie du sol en détruisant les micro-organismes.

Papier journal, carton de recyclage

L’utilisation de carton ou de papier journal constitue une solution économique pour préserver le sol, tout en limitant la pousse des mauvaises herbes et le maintien d’une bonne humidité. Il faut cependant les renouveler chaque année car ils se décomposent rapidement, Il est préférable de poser sur ces paillis de la paille, du terreau, ou toute autre couverture végétale. En plus d’ajouter une note esthétique au jardin, ils maintiendront les cartons ou le papier journal en place.

Pour le papier journal, la présence d’encre est un gros inconvénient. Si vous souhaitez néanmoins l’utiliser, évitez impérativement les pages imprimées avec des encres de couleur, qui contiennent des métaux lourds.